Outback

Auteur

Nom: MOWAX

Surnom: La Goula

Age: 35 ans

Signe: Verseau

kadipod


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Arequipa

21/11 : départ à 9H d’Arica. Je prends un colectivo avec 2 français, Stefan et Agnès. Vacances de 2 mois pour eux en visitant Chili, Pérou, Bolivie et Argentine. Ils ont la connerie, ça me plaît ! On pique des bonnes crises de rire.

A Tacna au Pérou, on trouve le moyen de se perdre… Dommage, Stefan, ayant vécu en Uruguay, aime bien profiter de la vie nocturne sud-américaine et j’avoue que pour une première au Pérou, ça m’aurait bien tenté. J’arrive à 17H à Arequipa, ayant déjà reculé ma montre de 2H. La nuit tombe vite, je suis dans le centre, je fais un tour rapide. J’ai soif et faim : 3 piscos sour, 1 pizza et une carafe de vin. J’ai mon compte ! au lit à 21H.

22/11 : je prends mon petit déj sur la terrasse, excellent pour un premier réveil au Pérou. La ville est perchée à 2300m, encerclée par diverses montagnes et volcans dont le mont Chachani à plus de 6000m. Je me balade toute la journée, principalement dans la partie déclarée patrimoine de l’UNESCO. Beaucoup de maisons blanches, construites en pierre, d’immenses portes et fenêtres en bois massif. De magnifiques églises, des rues et places pavées. Comme c’est dimanche, c’est plutôt calme mis à part les taxi –minuscules soit dit en passant- et bus qui passent leurs temps à klaxonner pour aguicher de nouveaux clients. En début d’aprem, je fonce au marché. Immense. On trouve de tout : fruits, viandes, poissons, charcuterie, jus de fruit, fruits secs, aliments pour chiens –de grands étalages de croquettes !- boulangerie, épices, légumes, tissus, stand pour grignoter… c’est un gros bordel bien organisé et ça me plaît. Certains exposants se prêtent au jeu des photos tandis que d’autres me font goûter des spécialités ou m’expliquent ce qu’ils préparent ou vendent. Je me régale d’un ceviche et fait marrer les autres clients à m’étouffer et pleurer en goûtant le piment ! Détail spécifique Pérou : il y a une multitude de pâtisseries où sont exposés d’énormes gâteaux à la crème. Journée bien remplie, charmantes mais courtes rencontres à l’hôtel. J’ai décidé de partir 3 jours dans le canyon de Colca. Réveil à 4H du mat par un enculé d’Italien : il a fallu que ce soit moi qui vienne le secouer alors que son alarme avait déjà sonné 4 fois et réveillé tout le dortoir. Ensuite il s’est permis de passer un coup de fil dans le hall, façon rital, genre rien à foutre des autres, je parle aussi fort que je peux… il a réveillé tout l’hôtel.

23/11 : mon bus étant à 13H30, je profite de la matinée pour faire quelques provisions au marché puis visiter le monastère de Santa Catalina. Je ne fais pas dans la religion, tout le monde le sait mais j’avoue que ce lieu m’a vraiment plu : une ville dans la ville, des couleurs, des mini et mignonnes cellules, beaucoup de charme et un calme absolu.

Cabanaconde - Canyon de Colca

Déj rapide au terminal de bus. Bermuda et claquettes sous ce soleil de plomb et dans un bus sans clim. La bonne idée… 2H plus tard, le bus est complètement embué, il neige et détail auquel je n’avais pas fait gaffe en montant, tout le monde porte des vêtements bien chauds sauf un couple d’allemands et moi! Je pars à 3300m d’altitude, je n’ai pas pris de blouson –crétin !- et j’espère que le temps sera clément pour les 2 jours à venir. A Cabanaconde, je file à la Valle del fuego, bar-resto-hôtel recommandé par le Routard. Effectivement très bonne adresse : Jamil et Roberto, adorables et d’excellent conseil pour la rando et un lieu où dormir dans le canyon. Je fais la connaissance de Cathy, en voyage pour 3 mois solo puis 3 mois avec son ami.

24/11 : ciel bleu, je suis soulagé. Départ à 8H. après 20 min, j’arrive enfin dans le canyon, ça descend à pic. Je croise une dizaine de personnes qui paraissent en c…. sévèrement, notamment 3 américains, amis de Cathy qui triballent leur paquetage au complet ; la douleur se lit dans leurs yeux ! Le paysage est splendide, j’admire aussi divers cactus. Après 2H, je suis au fond du canyon, 1100m plus bas, dans une oasis avec piscines naturelles. Je suis seul pour me baigner. Le pied ! Sandwichs et reprise de la marche. Merci à Alwine et Estelle qui sauvent mes 2 jours en me fournissant pansements pour une ampoule. Je traverse le village de Malta, totalement déserté puis celui de Cosniruha qui possède un terrain de basket, seule partie bétonnée du village ! Plus tard, dans une vallée, au milieu de nulle part, un terrain de foot avec but en bambous ! Je donnerai beaucoup pour assister à un match. Je trouve l’hospedaje que m’a recommandé Jamil. Je rencontre Didier, français expatrié depuis 5 ans, travaillant dans l’humanitaire dans divers pays et qui, après 4 mois de vacances en Amérique du Sud va rentrer au pays pour la bonne cause : futur papa. Il est accompagné de Rafael, brésilien qui a pris le temps de découvrir Argentine, Pérou et Bolivie pendant 15 mois. Très bon esprit, on aborde divers sujets en sirotant des bières. La fatigue se fait ressentir pour tous et je dois prendre la route à 5H pour ne pas marcher en plein soleil. Je reverrai peut-être Raf pour mon passage au Brésil, quant à Didier, j’espère juste qu’il ne va pas trop avoir le mal du pays…

25/11 : debout peu après le lever du jour. 15 min pour arriver à la rivière avant d’attaquer LA montée. Personne sur le chemin, c’est parti. Pour ceux qui ont connu la montée de Super Besse au Sancy, c’est sans exagérer 2 fois plus long et incliné… mais surtout, c’est à flanc de montagnes et à certains endroits, c’est une chute de plus de 300m à pic assuré si l’on ne prend pas garde. Je n’ai croisé que 2 mules et leur propriétaire. Le soleil a pris son temps, colorant progressivement tout le canyon. Pas de condors en vue, à mon grand regret. 2H30 plus tard, j’y suis. J’ai avalé tout ce qu’il y avait dans mon sac et bu 2,5 litres d’eau. Mes jambes sont en titane et je marche comme un robot. Pas grave, j’ai la super banane, « Hola amigo » à tous les coins de rue de Cabanaconde ! Je reprends le bus, rêveur, et partage une ipodoreillette avec ma voisine, une jeune péruvienne qui pleure, après s’être fait engueulée par une grosse conne. Elle retrouve le sourire et semble aussi se laisser bercer. Arrivé à Arequipa, je passe à l’agence où j’ai réservé une marche pour grimper le volcan Misti, 5825m, au pied de la ville ; c’est confirmé, je pars demain 8H. Repos pour finir la journée.

Juste pour info, la dernière éruption date de 1985. on croise les doigts…

Volcan Misti

26/11 : groupe de 5 personnes, Corina et Tom des States, Andrew du Canada et Keri de Grande Bretagne ; Alex et Teo en tant que guides. 1H de 4x4 pour arriver au pied du volcan à 3400m. la première journée est relativement facile, ça grimpe certes mais la pente n’est pas trop inclinée et bien que nous prenions de l’altitude, les conditions pour respirer sont normales pour le moment. Je ressens légèrement les courbatures de la veille mais je suis surtout très gêné par une douleur au genou droit qui m’oblige à ne pas m’arrêter lors des 2 dernières pauses ; la douleur étant moindre à chaud. Arrivés à 14H au campement où l’on va passer la nuit. Il fait beau et chaud mais Alex nous prévient de bien se couvrir pendant la nuit. On profite d’un magnifique coucher de soleil en surplombant Arequipa et toute la vallée qui entoure la ville. Coucher à 18H pour être opérationnel à … 1H du mat.

27/11 : je n’ai quasiment pas dormi de la nuit, mal installé, froid et certainement l’appréhension de la grimpette. Levés à 1H, on part une ½ heure plus tard, sachant qu’il nous faudra marcher au minimum 6H pour atteindre le sommet. Le fait de partir de nuit nous évite certes le soleil mais surtout de voir notre progression qui ne se fait que très lentement. Le soleil se lève tranquillement, alors que le froid s’intensifie au fil de la montée et que les conditions respiratoires s’amoindrissent. Je commets l’erreur de mâcher de la coca et de manger une barre de chocolat immonde, particulièrement amer, normalement prévu pour être mélangé avec du sucre et du lait pour préparer un chocolat chaud. C’est une erreur car ça me reste sur le bide et me donne des nausées. Je suis pourtant à l’aise en altitude, pas de soucis respiratoires flagrants, plus de courbatures, juste la fatigue. Et un petit mal de tête qui démarre… les 2 dernières heures se font dans la douleur, je suis à 2 doigts de vomir et j’ai de plus en plus mal au crâne. Nous arrivions à la base du cratère à 8H. 2700m, ce sera très bien pour moi. Je ne peux pas pousser plus haut, j’en suis incapable et Alex l’a bien remarqué. Pendant que les autres grimpent jusqu’au sommet, je me repose. Nous redescendons au campement en moins d’une heure, sursautant dans une coulée de gravier puis de sable fin. On plie le camp et on finit par 2H de marche avant de rejoindre le véhicule. Nous sommes exténués. Je ne suis pas arrivé en haut certes mais je suis tout de même super fier d’avoir mis le pied à 5700m et il me tarde de renouveler l’expérience avec l’objectif de passer les 6000m. aprem sieste, rapide dîner et énorme dodo !

28/11 : levé exceptionnellement à 9H ! Je planifie les jours à venir puis je vais voir le match de rugby dans un resto français. Le verdict est sans équivoque… bus à 19H30 pour 12H de trajet. En espérant que je dorme correctement puisque j’en prends un autre demain soir de Lima à Chiclayo.

Islas Ballestas

29/11 : mal dormi, comme à chaque fois dans un bus. A peine arrivé donc mal luné, on me saute dessus pour me rapprocher du port de Paracas afin que j’embarque sur un bateau qui partira aux îles Ballestas. Je me sens plus que jamais un putain de touriste, une vache à lait qu’on va bien presser. Je ne suis pas très souriant, j’envoie bouler les gens et je négocie sévère les prix. 15 min après je suis calmé et conscient que quoi qu’il en soit je suis bloqué ici donc autant que j’en profite avec le sourire. C’est bel et bien un piège à touristes, on doit être plus de 200 à se bousculer pour être sûr d’avoir une place. 30 min d’attente et je suis enfin dans un hors-bord, rempli bien plus qu’il n’en faut. Heureusement, le spectacle en vaut la chandelle, jamais vu une faune aussi dense en un même lieu, cormorans, pélicans, pétrels, fous blancs, phoques, lions de mer, pingouins et j’en oublie. Aucune explication précise sur la raison de cette accumulation inexpliquée en ce lieu… dans le bateau, je fais la connaissance de Leslie et tout un groupe d’étudiants en tourisme qui me proposent de passer l’aprem et de rentrer à Lima avec eux. J’accepte sans hésitation. Rencontre inattendue et tellement chaleureuse. On visite une réserve national puis après un déj en bord de mer, on bulle 1H sur la plage. Terry, un des élèves propose de m’héberger. Une fois arrivés, il m’embarque en ville pour me faire découvrir son quartier : Barranco. Hypra charmant, maisons coloniales, petits restos et bars branchés, en bord de mer, une église hantée dans laquelle personne ne peut entrer car un curé s’est fait décapiter par le clocher ! Hallucinante cette histoire… du coup, l’église pourrit à petit feu. On se balade une bonne heure puis fatigués on rentre se coucher.

vacas de Lima

30/11 : c’est reparti pour un grand tour dans Lima. Terry n’a cours qu’à 15H30 et m’accompagne à nouveau en ville. on reprend quelques rues de la veille afin que je fasse quelques photos mais aussi que je demande des renseignement dans les backpackers. On passe ensuite dans le quartier de Miraflores, quartier des affaires, costard-cravate, très clean, beaux centres commerciaux, grandes enseignes mais beaucoup moins charmant et bohême que Barranco. On crapahute 3 bonnes heures avant de rentrer afin que je prépare un bœuf bourguignon. Ben non, des pâtes… on se quitte en sachant qu’on devrait se revoir dans environ 2 semaines quand je reviendrai du nord pour descendre à Cuzco. Je suis vraiment ravi d’avoir découvert Lima de cette façon. Longue attente au terminal de bus. Départ à 19H30 pour arriver à 8H à Chiclayo.

Chiclayo

1/12 : toujours le même problème dans le bus. A Chiclayo, conduit par un chauffeur de microtaxi délirant, je vais visiter 2 des musées les plus importants au Pérou, l’un traitant de découvertes archéologiques et l’autre étant illustré par les photos d’un Allemand qui a consacré sa vie au Pérou. Ensuite je traîne en ville et me fait embrouiller par un Allemand qui soit disant est dans la merde mais ne transpire pas une seconde la sincérité, d’ailleurs quand je lui réponds que la première chose à faire selon moi serait d’aller à la police ou à l’ambassade, non seulement il n’insiste pas mais il s’éclipse… départ à 19H30 pour arriver à 5H.

Chachapoyas

2/12 : enfin, je vais pouvoir me poser… Chachapoyas me plaît, le décor a complètement changé, toujours des montagnes tout autour mais de la verdure à n’en plus pouvoir. Ça me fait du bien de voir à nouveau des arbres, de l’herbe fraîche et les odeurs qui se dégagent après une grosse pluie. Je me sens bien ici, c’est une petite ville au bord de la selva, ça me rappelle Arequipa avec ses maisons blanches et ses grandes portes et fenêtres en bois. J’ai voulu aller voir un canyon à la sortie de la ville à 6 km mais à mi-chemin, grosse ampoule au pied donc je me suis fait ramené en camion. Les gens sont super zen, je n’ai jamais fait autant de rencontres aussi simplement ; du coup j’en profite pour faire des photos et non seulement ils ne m’en empêchent pas mais se prêtent carrément au jeu. J’ai planifié des visites sur les 4 prochains jours ensuite on verra si je reste encore un peu ou si je repars dans la Cordillère blanche à Huaraz. Je vais commencer par rattraper tout le sommeil que j’ai en retard.

site de Kuelap

3/12 : bien dormi, je pars pour un premier tour sur le site de Kuelap, à 2H30 de piste. Paysage de montagnes verdoyantes, type NZ. Immense forteresse perchée sur une montagne et dont le mur le plus haut fait plus de 20m. Le site est bien conservé et rend parfaitement compte du travail et de l’organisation des Chachapoyas, peuple pré-inca. On passe 2 heures sur le site puis contrairement au reste du groupe, je décide de redescendre par un chemin, il faut 2H soit autant qu’en van qui est obligé de faire un énorme détour. Je déjeune une superbe truite dans un tout petit village. Demain 2 jours de trek dans la selva avec un départ à 3H30.

vallée de Bellen

4/12 : 2H de trajet sur des routes bien plus défoncées qu’en Patagonie avant de descendre là où la voiture ne peut plus aller. Accompagné d’Augusto le guide, nous commençons par marcher 2H30 pour atteindre un refuge où nous devons récupérer 4 autres personnes. Petit déj et pause d’une heure. Nous continuons avec Kelly et Mike des USA, Evelyna et Patrick de Suède et Ronald un autre guide. La rivière dans la vallée de Bellen serpente et forme des méandres, autour une multitude de monts. Le temps est couvert. Nous traversons paisiblement la vallée avant d’attaquer la grimpette. 3H non stop. La pluie vient apporter une petite difficulté supplémentaire. Kelly a une douleur particulièrement gênante au genou et ne peut marcher bien vite. Après un déj de merde (pain avec un pauvre morceau de fromage, banane, mandarine, barre chocolatée), nous reprenons la marche pour 3H, avec un arrêt pour visiter des ruines en plein cœur de la alto selva, afin d’atteindre le village de Lenche. Calme, peu d’âmes qui vivent. Une grande maison rustique, des chambres spartiates, des chats, un boxer, des cochons dindes, des poules et une petite famille très agréable pour s’occuper de nous. Avec Ronald, nous partons boire quelques bières dans « l’économa » du coin. La proprio et son père de 79 ans se joignent à notre discussion et me font un bref résumé de la vie social culturelle et politique du Pérou. Après un dîner très copieux, nous filons au lit à 21H.

5/12 : levés à 6H15 pour un départ à 7H. Journée cheval pour mes 4 acolytes, je n’ai pas voulu tenter l’expérience, n’ayant jamais monter auparavant. Je vais le regretter, non pas parce que cela paraît plaisant mais bien au contraire parce que le chemin que nous empruntons en plus d’être particulièrement raide est boueux, étroit, à fleur de ravin par moments bref dangereux… à cela ajoutons la pluie, la brume et le froid. 3H sans arrêt à suivre les mules qui elles ne paraissent pas peiner pour effectuer le trajet. Je suis assez remonté car l’agence qui m’a vendu le trek m’avait spécifié que la rando était magnifique et pas trop difficile. Le temps ne permet pas de profiter du paysage et de toute façon j’ai les yeux rivés sur mes pieds pour ne pas glisser ou me fourrer dans une crevasse. Arrêt déjeuner d’une heure. Je suis déjà trempé. On repart pour 2H30, le chemin est toujours aussi raide et boueux, je pars seul en tête sans ne jamais m’arrêter pour arriver le plus vite possible au point d’arrivée. Je suis super énervé, frigorifié trempé. Le point d’arrivée correspond à l’endroit où Kelly et Mike doivent prendre une voiture pour les amener au village où ils dormiront. Je suis sensé y aller à pied avec Augusto en 2H30. Pas question, nous finirons ce trek dans la voiture au chaud. Je suis très épuisé, au lit à 21H…

cascade de Gocta

6/12 : je prends mon temps ce matin. Petit déj à la boulangerie où le choix ne manque pas en pâtisseries appétissantes. J’opte aujourd’hui pour un tour à la cascade de Gocta, 3ème plus haute du monde, plus de 780m avec 2 niveaux. Pour y accéder, il faut marcher 2 bonnes heures, une première partie au milieu de champs de cannes à sucre et une deuxième partie en pleine selva, le tout entouré d’immenses montagnes et falaises verdoyantes. Il fait beau et chaud. Le spectacle offert par la cascade est surprenant. Cette dernière bien que parfaitement connu des habitants proches, n’a été révélé au niveau mondial qu’en 2006 suite à un reportage effectué par un allemand dans une revue internationale. Depuis multitude de touristes font l’excursion et ça en vaut bien la peine.

Au retour, je pars seul devant, je profite de la lumière exceptionnelle à cette heure et j’hume à pleins nasaux l’odeur de cannes à sucre fraîchement coupé. Sur la route je dépasse LA gueule du Pérou, certainement 80 ans voire plus, complètement voûté par le poids des années et le dur labeur dans les champs. Je tente de lui parler, il me répond très certainement avec un dialecte local, je ne comprends rien... j’ai eu le temps de le prendre en photo de dos, une rapide de face mais il penche la tête. Je garderai longtemps en mémoire ce visage qui raconte à lui seul toute une vie, qui m’a accaparé et attiré au point de marcher une bonne minute à côté de lui, à son rythme, sans un mot, juste le bonheur de sentir cette force étrange, ce bien-être dégagé par ce petit bonhomme, condensé de tranquillité et sagesse. Je repars de plus belle, le sourire aux lèvres, plein de douces pensées. Retour de nuit, éclairé par des milliers de lucioles, ça me renvoie plus de 20 ans en arrière, la dernière fois que j’en ai vu ! Petit extra ce soir : resto + vin argentin. Le vin me saoule rapidement !

Huancas

7/12 : je prends le bus ce soir pour Chiclayo puis Trujilo. Je n’ai pas envie de partir toute la journée avec un tour. Je pars seul à Huancas à 1H30 de marche. C’est un petit village en bord de canyon. Le soleil tape fort. Sur la route, au rythme des divers excellents albums que m’a transmis Hélo, je croise moutons et mules, je me laisse bercer par diverses pensées et point d’un coup, LA révélation, l’idée que je cherche depuis le début de ce trip. Tout prend forme, les idées dispersées et développées au fil des mois s’entremêlent et ne forment plus qu’un seul bloc. Je sais maintenant quel projet professionnel je veux mettre sur pied à mon retour. Je rigole tout seul, surexcité par cette idée. Je profite de la vue splendide offerte par le mirador et je filme 2 jeunes caballeros qui se prêtent bien au jeu. Je vais passer l’aprem à essayer de mettre à jour le site et effectuer diverses recherches pour la suite de mon périple au Pérou et pour anticiper les fêtes de fin d’année. je fais la connaissance de Marie & Marion, toulousaines en voyage pour 3 ou 4 mois encore; nous serons certainement amenés à nous revoir, nos prochaines destinations étant quasi similiaires. Départ en bus à 19H30.

Trujillo - Chan Chan - Huanchaco

8/12 : arrivé à Trujillo à 8H. il fait gris pour l’instant. Je visite le site de Chan Chan, ville datant de l’époque Moche, abandonné après l’invasion et la prise de pouvoir des Incas à la fin du XVe siècle. Pour être très franc, ça m’a un peu barbé ce site, d’autant plus quand je me suis arrêté au musée dont la visite ne m’a pris que 2 min chrono. Bref, c’est classé patrimoine de l’UNESCO donc… ensuite j’ai voulu voir la mer à Huanchaco où j’avais aussi prévu de passer la nuit. Finalement juste un bon ceviche en terrasse, ça me suffira amplement. Station balnéaire banale où les serveurs des restos longeant toute la côte de mer sont à la limite de l’agression pour vous alpaguer. Quant à la plage, une brochette de dindes qui seront à point en fin  d’aprem. Retour dans Trujillo, tour de ville en 2H et Starbuck pour finir de vous conter mes aventures. Je repars ce soir pour Huaraz, à nouveau en pleine montagne et j’en suis plus que ravi. Des enseignements que je peux tirer, il est évident que je suis un accroc des vertes contées. Suite dans un peu plus d’une semaine car je pense que les connexions vont être compliquées.

Huaraz

9/12 : arrivée à 5H. je prends mes quartiers à l’hôtel Churup qui dispose d’une terrasse avec une vue époustouflante sur la Cordillère blanche. Je passe la journée à visiter la ville et prendre des renseignements sur tout ce que je peux envisager comme treks dans les alentours en 5 ou 6 jours. Il en ressort 2 belles marches pour aboutir à des lagunes perchées à plus de 4000m et un trek de 4 jours très réputé en plein cœur du parc d’Huascaran où les pics à plus de 6000m abondent.

10/12 : pour m’acclimater en douceur à l’altitude, Huaraz étant perché à 3000m, je pars visiter des ruines à 8km de la ville et 3500m. la balade est rapide, rien d’extraordinaire, pas plus que le site archéologique d’ailleurs. Je fais toutefois la connaissance de Christian, qui s’occupe de l’entrée du site le jour et qui tient un resto le soir. Au retour, je m’arrête à Monterrey pour profiter de bains thermaux. Je retrouve mes compagnons de dortoir, John et Ben, américains en voyage pour 3 mois. Nous décidons d’aller à la lagune Churup ensemble demain matin. Pour le dîner, ils ont envie comme moi de tester le cuyé, spécialité locale : un coup de fil à Christian et le tour est joué. Son resto est en fait une mini cantine privée, il n’y a que nous comme clients et nous avons droit à l’explication de la préparation du cuyé directement en cuisine avec la maman de Christian : succulente sauce maison dans lequel trempe la viande précédemment frit. Elle fera mijoter une bonne heure et ajoutera ensuite les pommes de terre. Elle nous montre un cuyé vivant enfermé dans un sac, effectivement il s’agit bien d’un cochon dinde !

la sauce est délicieuse comme nous le supposions mais il n’y a rien à manger sur le cuyé… on aura testé !

11/12 : on part à 7H30, juste avec John, Ben ayant encore mal au crâne. Petite explication avec le taxi car j’apprends qu’il faut non pas le régler lui mais directement l’hotel. J’en déduis que l’hotel prend une com au passage et j’en ai un peu marre qu’on rince tout le monde sous prétexte d’être des gringos, j’obtiens donc le prix normal.

Après une heure de route, nous voilà à 3900m. Le sommet où se situe la lagune a pour l’instant la tête dans les nuages. Il faut marcher 1 heure et ½ avant d’atteindre la dernière partie un peu plus compliquée : une petite grimpette d’une cinquantaine de mètres à fleur de la cascade. Voilà enfin la récompense : laguna Churup, 4450m. On prend le temps de déjeuner et de s’imprégner de ce paysage.

Pour la descente, on inverse et John disposant de chaussures mi-marche mi-escalade ouvre la voie. Nous abordons maintenant la partie la plus proche de la cascade, je suis en parfaite sécurité, mes mains agrippant 2 prises et mon pied gauche reposant sur une avancée rocheuse. La roche se détache subitement, je ne m’y attends absolument pas et je chute aussitôt, glissant le long de la paroi sur environ 6 à 7 mètres. La réception est brutale sur le pied gauche, je sens aussitôt une vive douleur mais je suis en partie dans la cascade, j’ai donc le réflexe de m’en sortir et j’entends John qui me crie de ne surtout plus bouger même si l’adrénaline aurait tendance à m’inciter à me secouer tellement j’ai mal au pied certes mais surtout aux doigts complètement engourdis, tétanisés et gelés. Il me remonte en douceur, nous finissons en toute précaution mais dans la douleur de descendre les 20m qu’il reste avant d’être à nouveau dans une vallée. Je ne peux pas poser le pied par terre, ma cheville a triplé de volume mais il n’y a pas de fracture ouverte. Quelques égratignures sur le torse, les coudes et le bout des doigts qui se revitalisent progressivement. Nous arrivons très vite à la conclusion que je ne pourrai pas descendre et qu’il est nécessaire qu’il prévienne les secours. Je reste seul, il m’a laissé des affaires, je dispose heureusement d’un poncho qui me protège de la pluie. Le garde du parc, Henri, que nous avions croisé au départ de la rando arrive une heure après. Il m’explique qu’ils ne disposent pas d’hélicoptère et qu’il nous faut donc commencer à descendre en attendant l’équipe de sauveteurs qui vient avec un brancard. Walter, un deuxième garde nous rejoint et nous entamons 2 heures de marche, alternées par des cloches pieds en étant aidé par mes deux compères ou carrément porté sur le dos d’Henri. John est aussi remonté. Je raconte des conneries pour passer le temps et je m’assure qu’Henri et Walter ne sont pas épuisés même si comme ils me disent, c’est leur métier. Henri est incroyable, il pèse 55 kilos et il me porte plusieurs fois sur plus de 200m, sur des chemins étroits et bourrés de pavasses. Les secours sont arrivés, une équipe de 4 guides de haute montagne, ils m’installent dans le brancard, je finis le trajet, attaché, ne voyant pas ce qui se passe, sentant juste l’orage et le froid. On me descend enfin en pick-up, j’ai la gorge nouée et suis définitivement soulagé d’être au chaud. Le trajet se fait à toute vitesse et c’est selon moi particulièrement dangereux puisque nous traversons plusieurs villages. Enfin arrivé à la clinique, un vieux médecin plutôt sympathique s’occupe de moi. Le verdict tombe au vu des radios : juste une grosse entorse. Ouf…. je suis particulièrement content car j’étais persuadé que l’aventure s’arrêterait là, ne me voyant pas bloqué dans un hôpital péruvien puis en rééducation dans un hôtel. Malgré tout, cela nécessite que le pied soit immobilisé et donc plâtré pendant 2 semaines. Ça me va, je trouverai de quoi m’occuper. John et Ben s’occupent de moi, ils vont acheter tout ce dont j’ai besoin. On dîne tranquille à l’hôtel en sirotant un bon vin. Epuisés par cette journée, nous ne tardons pas à nous coucher.

12/12 : sale nuit… douleur persistante. J’appelle mon assurance qui m’apprend que si je n’ai pas été hospitalisé mini 48H, elle ne prend rien en charge… OK, super ! et ben, je vais me faire hospitaliser si ce n’est que ça mais du coup ça va forcément coûter plus cher. Je reste perplexe sur le fonctionnement des assurances dont certaines clauses me paraissent stupides et illogiques. Je repense à mon rapide séjour à la clinique et la façon dont ça s’est déroulée car je ne suis pas très confiant sur le diagnostic effectué. J’ai mal, on ne m’a prescrit aucun anti-douleur ou anti-inflammatoire, j’ai l’impression de ne plus sentir mon pied pris dans le plâtre et après consultation sur le web, je constate qu’il n’est plus vraiment d’usage de plâtrer pour une entorse. En effet, j’avais bien demandé une attelle mais ils n’en avaient pas. Je pense que je vais filer à Lima dès cette nuit dans une clinique plus sérieuse pour avoir un autre avis. Dîner avec John et Ben avant de prendre le bus de nuit.

13/12 : arrivé à 6H, je suis admis ½ heure plus tard dans une clinique que m’a conseillé mon assurance qui a enfin pris mon problème au sérieux. Le médecin en arrive au même diagnostic de l’entorse mais constate que le plâtre n’a fait que provoquer un œdème plus important et qu’il est nécessaire que je reste sans bouger au minimum 2 jours, sous antibiotique et anti-inflammatoire. J’attendrai ensuite jusqu’à 12H pour qu’on décide enfin de m’installer dans une chambre. En fait, tant qu’ils n’ont pas une quelconque garantie financière, vous pouvez crever dehors… repos donc en attendant de voir comment va être mon pied demain.

14/12 : on vérifie ma température et ma tension régulièrement, on me lave, on me nourrit et on note ce que je ne mange pas, on change mes draps, on me donne des médocs mais il est maintenant 16H et je ne sais absolument pas si mon pied guérit bien ou pas, combien de temps je vais rester, que va décider mon assurance une fois que je serai sorti… pas plus d’infos pour aujourd’hui, ni côté péruvien, ni côté assurance.

15/12 : toujours pas vu de médecin… c’est AXA qui me donne plus d’infos selon le rapport qu’ils ont reçu : on attend qu’il n’y ait plus de risque d’infection avant de me laisser sortir. Ensuite, on s’orienterait très certainement vers un rapatriement plutôt que de me laisser des semaines ici, seul dans une structure où il faudra s’occuper de moi, en attendant mon rétablissement dont je ne sais toujours pas combien de temps cela pourrait prendre.

Il sera bien question d'un rapatriement et il faudra que j'attende une semaine de plus pour enfin arriver sur le sol français avec tout de même une petite galère à l'arrivée: pas de bagages... je les récupérerai 1 semaine plus tard.

Après consultation d'un orthopédiste, je passerai 3 semaines sans poser le pied puis 3 semaines de réeducation avant de pouvoir repartir.

 

Lima

31/01 : voyage en Business, merci AXA assistance ! Chaleur et humidité à l’arrivée mais quel plaisir d’être en T-shirt et claquettes. Je trouve une hospedaje dans le quartier Barranco de Lima que j’avais découvert 2 mois auparavant en compagnie de Terry.

1/02 : balade rapide dans le quartier avant de partir pour Nazca à 7H de route. Je choisis la facilité en demandant à l’hospedaje de réserver hôtel et tour en avion pour moi. ce sera la dernière fois et je dois très vite reprendre mes marques car l’hôtel n’a rien de plaisant et la commission que l’hospedaje s’est octroyé pour s’occuper de la résa est énorme.

Nazca

2/02 : départ à 8H pour voir les fameuses lignes de Nazca, tracées au sol pour former différentes formes, principalement d’animaux, entre l’an 300 et 900. Une mathématicienne allemande, Maria Reiche voit en ses lignes un calendrier astronomique et consacrera sa vie à étudier les lignes. La précision des tracés est surprenante quand on sait que certaines figures atteignent plus de 80m de long au sol. La balade en Cesna est tout aussi agréable, succession de haut-le-cœur, de vertige et des virages pas loin de la verticale. Seul regret, cela ne dure que 30 min… Nazca est une petite ville qui n’a pas beaucoup d‘intérêt. je m’incruste l’aprèm dans un hôtel pour profiter du soleil et me rafraîchir dans la piscine en attendant mon bus de nuit.

Lac Titicaca - Islas Uros

3/02 : j’avale des kilomètres. A peine arrivé à Arequipa après 10H de bus, je rempile pour 6H en direction de Puno. Mauvaise surprise à l’arrivée, ma cheville a enflé -je ne sais absolument pas pourquoi !- et j’ai sacré mal de crâne dû à l’alitude, Puno étant perché à 3 800m. plutôt que de visiter la cité, je suis obligé de rester à l’hôtel pour me reposer…

4/02 : visite des îles Uros, les fameuses îles flottantes. Bon, il est clair que l’attrait du tourisme se voit immédiatement mais il n’en reste pas moins que la vie en autarcie de ces communautés est intrigante et fascinante. Alors qu’il y a 6000 ans les premières tribus vivaient sur le lac dans leurs bateaux sur lesquels étaient bâties des huttes en paille, cela ne fait que 200 ans qu’ils utilisent dorénavant les roseaux poussant sur le lac pour construire des îles pouvant atteindre plus de 5000 m² de superficie. Chaque île est composée de plusieurs familles et d’un chef qui vivent de la pêche, de la chasse, de l’élevage, de l’artisanat et bien sûr du tourisme. Nous passons une heure sur l’île et avons ensuite droit à un petit tour sur l’embarcation matrimonial pouvant transporter une trentaine de personnes. Je ne visiterai pas Puno même si cela nécessiterait certainement 1 ou 2 jours, je préfère consacrer du temps à d’autres lieux sur le trajet me menant à Buenos Aires avec la date butoir du 19 février pour récupérer le Bon, la Brute et le Truand. Je file en direction de Copacabana, toujours en bord du lac, côté bolivien. J’ai forcément quelques regrets, quelques lieux mythiques non explorés mais je ne désespère pas de revenir pour assouvir mon appétit des hauteurs.

Dans le bus, je fais la connaissance de Julia, allemande qui travaille comme prof en Equateur depuis un an et qui profite de ses vacances pour visiter Pérou et Bolivie. Nous allons faire le même trajet pour les 3 ou 4 jours à venir et décidons de le faire ensemble.

Le passage de la frontière est assez plaisant et inédit. Dans un petit village, au bord du lac, un stand de beignets, de minis échoppes multi-fonctions : change monnaie, boissons, snack, souvenirs, artisanat local, on se croirait dans un film de Kusturica… Aucun contrôle des douaniers, juste un coup de tampon et Bienvenido !

Copacabana, au pied du lac, est entourée de 2 monts, lui donnant un charme certain. Nous dînons une excellente truite à la plancha dans un petit resto en bord de lac où nous faisons la connaissance de 2 frères argentins. En fond de décor, des éclairs d’une intensité que je n’avais jamais vu jusqu’à présent, qui éclairent le lac pendant au moins 3 secondes. Incroyable. Le tonnerre gronde, nous nous dépêchons pour aller boire un dernier verre. La pluie. Puis la grêle. Arrivés en courant dans un pub, s’ensuivent 15 min d’énormes grêlons qui secouent toute la toiture en taule et arrivent à s’infiltrer par endroits ! Au lit à 23H dans un residencial miteux, avec à nouveau un bon mal de casque.

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