30/03 : arrivé à Curitiba à 6H, je reprends aussitôt un bus pour Punta do sol puis Ilha do Mel. Le temps est couvert, le trajet en bateau se fait sur une mer calme, 2 dauphins nous accompagnent. L’île est petite, à peine 500 habitant et une réserve écologique, classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO pour sa forêt atlantique. Il y a très peu d’agitation, c’est la basse saison, la pousada, situé face à la mer est quasi vide, on ne se bouscule pas, je suis seul en dortoir. A 16H, le soleil apparaît et je prends enfin conscience de l’immense chance que j’ai de me trouver dans ce petit paradis. Epuisé après la nuit passée dans le bus, je vais me coucher tôt.
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31/03 : happy birthday petit Lohan ! levé à 7H, le temps est couvert, j’observe les allers et venus des divers habitants se levant, des pêcheurs se préparant pour la sortie en mer. Je vais faire le tour de l’île qui nécessite 3 ou 4H. I pleut maintenant et pour une fois, j’apprécie d’être mouillé. Premier arrêt au phare qui offre une vue panoramique sur l’ensemble de l’île. Je me dirige maintenant le long d’une immense plage, vers le fort, construit en 1767, vestige des conquistadores portugais, soucieux de se protéger d’une éventuelle invasion espagnole. Le soleil pointe enfin son nez. Retour par la réserve écologique jusqu’à Brasilia, ville administrative au centre de l’île. Ci-dessous, petit aperçu des fleurs observés - pour toi, mon jardinier préféré!
Aucune route sur l’île, que des sentiers ou des plages de sable fin, je rentre à Encantadas en barque, équipée d’une énorme enceinte crachant du reggae bien roots ! Je finis de me dorer sur une plage à 10min du village, je suis seul. Au coucher du soleil, j’agite mon doigt sur le déclencheur : le crépuscule –somptueux- mais aussi les gamins, les pêcheurs, le port, les chiens, tout y passe. Je fais la connaissance de 3 québécois et 2 françaises. Tandis qu’Annie, Eva et Sebastien sont en vacances encore pour 10 jours, Delphine et Sonia, étudiantes en ingénierie navale passent 1 an et ½ au Brésil pour valider leur diplôme. On finit dans un bar où joue un groupe local, à boire de la Skol, la bière du coin.
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1/04 : même heure de réveil, même observation sur la plage, si ce n’est qu’aujourd’hui le ciel est radieux. Je prends des news de ma belle et puis j’apprends la nouvelle par Aurélie. Il s’est éteint dans la nuit. Je suis triste et apaisé à la fois. Triste de ce départ précipité, je n’aurai même pas eu le temps de lui conter toutes mes aventures… Apaisé de cette fin, auprès de son fils, qui l’aura accompagné jusqu’au bout ; « l’histoire se finit bien et même elle n’aurait pas pu mieux se finir » m’écrit ma soeur. Je pars sur la plage, pleurer, rire, me souvenir. Je me laisse complètement aller, ça fait du bien.
Alors que j’avais prévu de partir ce soir dans des cabañas isolés en pleine selva, à l’écart d’une ville, je préfère rester une nuit de plus en compagnie de mes amis québécois.
2/04 : je pars dans la matinée et arrive à Morretes à 13H30. après un déj rapide, je saute sur un vélo pour une virée de 35km, au cœur de cette végétation dense et verdoyante. J’en prends plein le nez, un condensé intense d’essences florales et végétales. J’avais besoin de me défouler. Je suis seul dans une petite cabaña avec grand lit. J’ai le temps de cogiter et d’écrire. J’en ai aussi besoin.
3/04 : journée de transport qui démarre à 10H pour finir le lendemain à 4H du matin. Le paysage ne varie pas beaucoup : selva et selva et selva.
4/04 : arrivé à Paraty en pleine nuit, un samedi soir… forcément il y a de l’agitation, de la viande saoule. Sachant que je reprends un bus à 11H et que je veux avoir le temps de visiter cette ville, je ne veux pas prendre une chambre pour dormir. On finit par m’indiquer une plage où je pourrai me poser. Juste devant cette plage, se trouve une pousada dans laquelle Chiao, qui y travaille la nuit, accepte de me laisser entrer pour piailler avec lui en terrasse. Un groupe rentre, 3 brésiliennes et un argentin. Puis d’autres personnes. Tout ce petit monde discute gentiment. Il est 6H, le jour se lève, ils décident de faire une partie de foot. Je prends un petit déj avant de partir visiter la ville. Il n’y a pas un chat dans les rues, tout le monde décuve ! le centre est composé d’une multitude de maisons coloniales, toutes blanches avec des contours de portes et fenêtres colorés, toutes aussi belles les unes que les autres, très bien entretenues, certaines avec balcons en bois ou en fer forgé. Quant aux rues, elles sont recouvertes non pas de pavés mais d’énormes pierres qui rendent l’accès compliqué pour les 2 roues. Le tout en bord de mer. L’une des plus belles petites villes que j’ai visité.
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Je reprends un dernier bus jusqu’à Angra d’où j’embarque pour 1H30 afin d’atteindre enfin Ihla Grande. Sur le bateau, je fais la connaissance de Gaby, Valeria et Marcelo, argentins que je serai sûrement amené à recroiser sur l’île. Le temps est nuageux voire orageux. Vu de la mer, l’île est toute en relief montagneux et recouverte d’une végétation particulièrement dense. Une fois arrivé, je suis un peu déçu, c’est noir de monde. On me rassure en me rappelant que c’est la Semaine sainte qui incite nombre de brésiliens à s’échapper durant ces jours fériés. Dès demain, ce devrait être beaucoup plus calme. La pousada où je loge est tenue par 2 français, Claude et William. Je sympathise très rapidement avec ce dernier, des points communs nous amenant à discuter de bien des domaines différents.
5/04 : il pleut à petites gouttes, je vais en profiter pour mettre le site à jour. Pas d’internet dans la pousada, il faut donc trouver un cyber-café. J’en trouve un mais sans wifi… je changerai de pousada demain afin d’en trouver une avec wireless. il se met à pleuvoir de plus en plus fort, il n’y a rien à faire avec ce temps… attendre que cela passe. 5 toulousains viennent d’arriver, partie de poker, je perds 5 R$. 21H, au lit, à écouter tomber la pluie…
6/04 : levé à 5H30, je me suis promis de me joindre à la cérémonie à distance. Il pleut toujours autant. Je pourrai être tenté de partir pour Rio mais je me vois mal passer une semaine dans cette énorme ville et selon un ami de William, la pluie a bloqué toute la ville. Je travaille en matinée sur des projets vidéo pour le site. Les toulousains craquent et quittent le navire plus tôt que prévu. On se reverra sûrement sur leurs terres, à l’occasion d’un séjour pour aller bécoter le petit Paul Ramon que je ne connais pas encore. William m’apprend qu’il possède un modem satellitaire et qu’il va me le prêter. Cool.
7/04 : quelques éclaircies matinales, j’en profite pour aller piquer une tête. La pluie revient aussitôt… Il est question de 35 morts à Rio à cause des intempéries, je ne serai donc pas mieux là-bas. Je mets enfin le site à jour. En bossant sur les vidéos, je remets le nez pour la première fois dans toutes les vidéos et photos que j’ai faites pendant ce voyage. Ça m’émeut. J’avais déjà oublié tant de choses… je suis d’autant plus content d’avoir fait de ce site mon road-book. Une fois rentré, je prendrai le temps de tout relire.
Une journée de plus, coincée dans la pousada.
8/04 : c’est l’hiver ici. En 4 jours, la température a considérablement chuté et nous sommes dorénavant en jean et sweat. Comme il ne pleut pas, je pars me dégourdir vers la plage Mendes, à 2H de marche en coupant par les montagnes. C’est soit disant une des 10 plus belles plages au monde. A peine arrivé, je n’ai pas le temps de me poser, il tombe une énorme averse qui m’oblige a rentrer par voie maritime. Nous ne sommes plus que 3 clients dans la pousada, Yannick et Stéphanie sont arrivés hier. William nous apprend que nous serons les derniers clients, ils n’en accepteront plus et ils fermeront après notre départ, la pousada étant en vente. Alors que j’explique ce qui est arrivé à ma cheville, Stéphanie m’apprend qu’ils ont aussi voulu aller à la laguna Churrup avec un guide et qu’ils ont fait demi tour à mi-chemin de la cascade, Stéphanie ayant été tétanisé. C’est un de ces pires souvenirs. Après coup, leur guide leur avait dit qu’il y avait eu plusieurs blessés et des morts… Me voilà bien heureux de l’apprendre!
9/04 : ciel couvert, pluies intermittentes… 200 morts dans une banlieue de Rio. Je reste donc ici ; j’aurais préféré pouvoir me faire dorer la pilule mais j’avoue que je me sens bien dans cet endroit, c’est hypra zen et ça me va très bien avant mon retour. D’ailleurs, j’hésite de plus en plus à vouloir aller à Rio, ça va grouiller de monde et je n’ai que de mauvais échos concernant l’insécurité. Ça m’ennuierai vraiment qu’il m’arrive une tuile la veille de mon retour… j’aviserai demain en fonction du temps. Le ciel se découvre, je pars sur une plage et prend une saucée une heure après… ça me fatigue. C’est décidé, je pars demain.
10/04 : happy birhtday, frangin ! Ciel bleu. Bon, ben, je reste ! Journée playa, je fais la connaissance de Mariana et Andrés, couple argentin en lune de miel, adorables. On déjeune ensemble, les pieds dans l’eau. Je rentre à 16H, juste avant qu’il ne pleuve à nouveau. Je dois retrouver Mariana et Andrés pour un apéro dans le centre. Il pleut trop, je ne les rejoins pas et passe la soirée avec William qui est sacrément soulagé que tout rentre dans l’ordre avec son associé. Quant à Talita, son amie lui a écrit un mail pour lui dire qu’elle l’attendait. On boit du Vieux-marc pour trinquer.
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11/04 : je prends le ferry de 10H, je fais la connaissance d’Olivier et Claire qui après 2 semaines de vacances, rentrent en France demain. Arrivé à 16H à l’hôtel dans le quartier d’Ipanema juste après Copacabana, je me précipite à la plage. En soirée, étant seul je n’ai pas l’intention de flâner dans un bar, je me cale devant mon ordi et regrette vraiment de ne pas être resté à Ilha Grande pour fêter dignement ma dernière nuit, avec cette petite famille que je m’étais trouvé…
12/04 : je me lève tôt pour pouvoir en voir le plus possible. Je commence par le Corcovado qui suite à des éboulements de terrains, était resté fermé jusqu’à hier. Malheureusement, il n’a pas rouvert… je suis très déçu, il y a apparemment un point de vue incroyable. Je continue du coup dans le Centro et Santa Teresa. Je dois admettre que je ne me sens pas à l’aise, je suis bel et bien épié et je viens de remarquer que dans cette ville qui pourtant compte bien des édifices et monuments à photographier, je ne vois aucun appareil sorti. Le malaise est bien présent et on sent que les gens sont sur leurs gardes. William m’avait prévenu, c’est comme un système pyramidal, les derniers venus donc les touristes sont les proies idéales. Je continue le trajet par les quartiers de Lapa, Gloria et Catete, en bord de plage. Je prends ensuite un bus, le temps étant compté. Je grimpe sur le Pain de Sucre, ce qui compensera largement le Corcovado. Enfin, je découvre cette ville. Incroyable. Une situation bel et bien unique. même si le temps est couvert, ça reste impressionnant. Je rentre à pied par Copacabana et ipanema, j’en profite pour faire du shopping. A 16H, je suis de retour, je vais prendre mon dernier bain de mer. 18H, je trie des photos. C’est bizarre, je ne ressens rien de particulier de savoir que tout va s’arrêter. 1 an. Comme je viens d’expliquer à Anouk, je pense que je vais prendre un coup à l’aeroport. C’est bien un lieu qui vous ramène à la réalité, soit d’un départ, soit d’un retour. Voilà, le taxi est arrivé. Adios Brasil, je reviendrai !
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