Outback

Auteur

Nom: MOWAX

Surnom: La Goula

Age: 35 ans

Signe: Verseau

kadipod


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Buenos Aires

16/02 : avion pour BA. Temps couvert, 25° au sol. Je trouve un hostal basique dans le quartier de San Telmo. C’est très basique et je décide d’en trouver un autre pour les nuits suivantes, ça me permet de faire un premier tour de ville. je ne suis pas super emballé, pas d’homogénéité dans l’architecture de BA, une énorme capitale avec des tours un peu partout.

17/02 : journée voiture de location. Après consultation tarifaire sur le net et appels des agences, je vais directement les voir pour négocier encore plus. J’en profite pour visiter un peu plus. Décidément pas grand-chose qui attire mon œil, je m’impose donc un thème de photos, ce sera contre-jour.

18/02 : je passe la journée avec Marion, française que j’avais rencontré à Chachapoyas. Marie, avec qui elle voyageait, est rentrée une semaine plus tôt et elle doit prendre l’avion semaine prochaine. On partage nos expériences et impressions, déj de chivillos –spécialité uruguayenne, balade sur les quais puis apéro en terrasse. Je refuse de continuer dans le bar tenu par un de ses amis, c’est à l’autre bout de la ville et je n’ai pas envie de rentrer à point d’heure : demain, ILS arrivent.

19/02 : 2H de bus pour aller à l’aéroport et apprendre qu’ILS arriveront avec 4H de retard… Enfin, Tuco, Fra et Cabronito débarquent. Silence absolu sur le parvis, un vent glacial s’abat sur la ville, le tonnerre gronde… L’eau est montée jusqu’à plus d’un mètre dans certains quartiers, les transports en commun ont été interrompus, l’état d’urgence est déclenché face à cette catastrophe. Argentine, je t’avais prévenu… ces gars-là ne plaisantent pas… du blé noir sur leur passage !!! retrouvailles correctement arrosées.

20/02 : journée à Tigre, ville à 30 km, situé sur le delta fluvial du rio Parana et rio de la Plata. Ici, nul besoin de voitures, les déplacements se font alors en lancha colectivo, bateau-bus. Multitudes de villas sur pilotis avec jardin verdoyant et ponton d’accès. Enfin, ça commence à sentir les vacances pour la dream team ! déj en terrasse face au fleuve, assortiment de grillades –un peu trop grillés… soirée en terrasse, quelques pas de tangos, concert live et mojitos. Gilles ronfle…

21/02 : pas question de partir de BA sans avoir vu le mythique stade de la Boca. Jaune et bleu. On part ensuite déjeuner chez Amanda et Edgardo que j’ai rencontré dans le bus me menant en Argentine lundi. Toute la famille est là sauf Florencia, l’aînée. De gros morceaux de boeuf cuisent lentement sur le barbecue. On déguste le vin que nous avons amené tout en planifiant le trajet que nous envisageons pour les jours prochains. On passe à table, nos assiettes sont constamment pleines, de viande, de légumes, de desserts ! Gilles est surnommé Tom Selleck et nous chante une hésitante mais émouvante Marseillaise, Steph lâche timidement quelques mots en espagnol tandis que Titi enchaîne les phrases sans hésitation, fautes ou pas, il se sent à l’aise, en famille. On repart repus, ravis, admiratifs de ce sens de l’hospitalité, en espérant pouvoir un jour leur rendre la pareille. Soirée au calme, on prend la route demain. Gilles ronfle toujours…

Costa Este

22/02 : on récupère la voiture de loc : Ford Ecosport, spacieuse, vitres teintées, lecteur CD et connexion pour ipod. On démarre le trajet sous une pluie torrentielle pendant une bonne heure… le paysage : vastes plaines et champs de quinoa à perte de vue. Premier arrêt à Bahia Blanca pour la nuit. Dîner dans un resto où l’on piaille jusqu’à 2H du mat avec le boss et la serveuse, à grands coups de cognac et vin blanc. Grosse crise de rire.

Gilles ronfle décidément très fort…

23/02 : on reprend la route pour Puerto Madryn, temps splendide, toujours les mêmes paysages. Alors qu’on avait prévu de prendre une piste qui longe la mer, on apprend que la route qui y mène est coupée, inondée par les pluies. Le détour nous amène à la fin de la piste que nous allons tout de même emprunter quelques kilomètres, pour prendre quelques clichés et voir ce que l’on a raté. Ou pas !  Arrivée à Bahia Blanca en fin de journée, apéro et casse-dalle dans l’hostel. Ah cette fois, c’est Titi qui ronfle !

Péninsule Valdés

24/02 : parc national qui regorge de phoques, lions de mer, éléphants de mer, pingouins et en saison, baleines. Pour avoir droit au spectacle, cela nécessite 2 grosses heures dont une sur piste. J’ai tendance à penser que les zozos vont peut-être se lasser, à force de faire des bornes… entrée du parc : « 45 pesos pour des crevettes » selon Steph ! Le spectacle va finalement lui couper le sifflet et me rendre ravi. Ils prennent enfin une bonne claque de bonheur et je me réjouis de savoir qu’il y en aura encore bien d’autres. On observera aussi piche –espèce de tatou- et zorro qui, à force d’être habitués par la présence humaine, s’en approchent sans peur. Les pingouins sont à portée de main… hallucinant. Excellente journée ponctuée par un resto que nous offre Titi. MERCI TITI !!!!!! On a envie de boire un digestif mais pas un bar dans cette ville...

25/02 : matinée playa, un aller-retour pour dorer et une trempette du bout du pied, l’eau est à 17°. C’est reparti pour un trajet non-stop de 1300km… arrêt dîner à Caleta Olivia. Bonne prise de tête avec Titi, problème d’interprétation sur notre façon de se parler… il y a des antécédents, on le sait bien mais que cela nous serve une bonne fois pour toute de leçon et qu’on soit suffisamment intelligent pour rectifier le tir. Du coup, ça permet une mise au point générale qui fait du bien à tout le monde pour la suite du périple. Je vous aime, mes potes, et ne vous remercierai jamais assez d’avoir traversé l’Atlantique pour me rejoindre ! Alors, on se détend tous et on profite.

Glacier Perito Moreno

26/02 : la dernière partie menant à El Calafate se fait sur piste. C’est l’aube, les couleurs apparaissent petit à petit, la Patagonie montre ses formes, on se régale… repos matinal avant de partir pour le glacier Perito Moreno, à 80 km. La route y menant longe le lago Argentina d’un bleu turquoise, les sommets enneigés font toile de fond, la pampa couvre les plaines et il fait beau. Le top. On aperçoit le glacier au loin. ENORME. Spectaculaire. on rentre rêveurs… ce soir, on cuisine à l’hôtel, au calme, entre nous.

El Chalten

27/02 : arrêt pharmacie pour ???? Gilles bien sûr ! il a une piqûre assez grosse derrière le mollet qui lui tire sur le muscle… direction El Chalten à 2H de route, arrêt pour quelques photos, seuls au milieu de la route, on découvre par hasard une pratique assez bizarre et cruelle : des renards sont attachés sur des piquets d’enclos, séchés par le soleil… l’histoire ne dit pas s’ils les tuent avant ou les laissent mourir à petit feu. Bref, El Chalten est une ville toute jeune, créée il y a 25 ans, suite à l’engouement des touristes pour les randos et l’escalade. Station balnéaire donc, forcément tout est plus cher. Heureusement, on trouve une cabaña bon marché, certes petite mais assez coquette pour nous satisfaire. Je crois qu’on a dorénavant décidé sans se concerter de cuisiner nous-même et se faire de bons petits plats. Première rando de 3H en direction du Cerro Torre. On trouve une végétation type méditerranéenne, ce qui paraît plutôt étonnant et on aperçoit parfaitement le Fitz Roy, point culminant des alentours, qui normalement passe son temps dans les nuages. On a prévu d’aller le voir beaucoup plus près demain mais cela nécessitera 8H AR de marche et il y a 750m de dénivelé.

28/02 : je me lève en premier pour aller chercher pain et viennoiseries. A mon retour, l’air embarrassé, meurtri par la douleur qui l’accable, Monsieur Bill Jouvier m’annonce cette effroyable nouvelle : « je ne vais pas pouvoir vous accompagner, mon mollet me fait trop mal »… silence absolu dans la cabaña, drame psychologique, notre chef de cordée nous abandonne… comment va-t-on faire sans un tel conquérant des sommets, un athlète de cette envergure, imminent spécialiste des treks andins ??? Heureusement, Stef veut bien reprendre le flambeau. Ouf…………………

Départ à 9H, temps légèrement couvert. On progresse doucement : sous-bois, plaines, magnifique marais, ruisseaux, bancs de sable très certainement l’unique trace d’un ancien cours d’eau et toujours cette végétation qui nous renvoie en PACA. On apprécie, on multiplie les clichés, on sue fortement dans la montée qui nous amène au point final : la laguna de los Tres. Et puis LE flash ! Camel Toe !! Olga pour être précis. Titi a gonflé le torse, ses yeux pétillent, il multiplie les réflexions enjouées pour attirer son attention. Ça marche, elle et son amie nous tiennent compagnie pour le casse-croûte. Alors que Stef et Titi partent au pied de la laguna pour d’autres photos, je continue la discussion et conclut en leur proposant de nous retrouver pour boire un verre en ville. On redescend, comblés de cette vue splendide et tellement unique, le sourire aux lèvres, le cœur battant la chamade pour Cabronito ! Arrive l’heure des retrouvailles… Merde. Dimanche. Bar fermé… on fait un tour de toute la ville, on ne sait jamais ! Puis on trinque tout de même dans un autre bar, pour peu qu’on l’aperçoive. Retour à la cabaña, Stef a la big idée lumineuse du séjour –je sais que ça lui fera plaisir que je formule de la sorte ! on avait prévu de rester un jour de plus mais suite à cette rando qui nous a bien fatigué, il propose de partir dès demain.

Route 40

1/03 : opérationnels à 9H30. Ce sera une journée spéciale piste de 500km que fera Titi tout seul pendant 9H. On dort à Perito Moreno, ville en plein milieu de nulle part, dans une cabaña très fonctionnelle.

2/03 : à nouveau une journée à rouler sur 800 km, stef démarre sur piste sur 150 km et enchaîne les 200km suivants, je termine pour arriver à Bariloche. Je suis claqué.

Bariloche

3/03 : quartier libre, chacun fait ce qui veut en matinée, il faut juste qu’on réserve les nuits à Mendoza pour s’assurer un logement pendant la feria du vin, Vindemia, connue dans toute l’Amérique du sud. Bariloche, comme écrit dans les guides, ressemble à une ville suisse, autant dans son architecture que dans l’environnement, on se croirait clairement dans les Alpes. Petite balade l’aprem dans le Parc National jouxtant la ville. L’hostel est tout en bois, petit jardin, table de ping-pong, salon extérieur avec barbecue. Ce soir, apéro dînatoire avec d’autres français dont Jacques, le sosie de Gilles en terme de connaissances très spéciales ! Une histoire de dictateur extraterrestre… alors qu’on se couche aux alentours de minuit, ces deux-là pousseront la discussion jusqu’à 3H, finissant tout ce qui peut se boire.

4/03 : happy birthday cousin. Réveil à 8H30 sauf pour Gilles qui ouvrira les yeux une heure plus tard, pas très en forme… direction San Martin de los Andes, copie de Bariloche en plus petit et plus clinquant. Tour rapide de la ville, rien de bien intéressant. On ne fera pas de vieux os ce soir, la fatigue nous rattrape et on doit se lever à 6H.  

5/03 : 15 heures de trajet… 3H de piste non prévues… Des plaines à perte de vue, des lignes droites qui n’en finissent plus, des vallées ensablées et rocailleuses, des rivières au milieu de nulle part. 21H, clou du spectacle, je rappelle l’hôtel où nous avions réservé 2 nuits pour leur dire que nous serons en retard ; ils ont déjà reloué nos chambres. Silence dans la voiture, la fureur boue en chacun de nous. On rappelle pour qu’ils nous trouvent une solution. C’est chose faite et l’on se retrouve au Savoy, chambre 13, 3m sur 2m, un lit double, 2 lits superposés, pas de clim et un ventilo qui est prêt à se décrocher. Le calme règne, la fatigue ayant pris le dessus. Pour bien finir cette journée, on s’offre un en-cas qui nous restera sur le bide all night long…

Mendoza

6/03 : on trouve un autre hôtel, un appart en fait et seulement 20 pesos de plus qu’au Savoy. C’est le grand luxe et ça redonne le sourire ! On part arpenter les rues de Mendoza, s’imprégner de la Vendimia. Dans 2H, c’est le défilé de Caroussel, char portant les couleurs de chacune des villes de la région, productrices de vin et mettant fièrement en avant la miss qui la représente. On assiste aussi au défilé de cavaliers et différents groupes folkloriques. Titi se fait enrôler par les supportrices de miss Goodoy Cruz et nous voilà tous les 4 avec le bandeau sur la tête ! ça grouille de monde, les terrasses sont bondées, les miss font le show, le soleil tape, les danseuses suent à flots et en perdent le sourire mais pas une trace de vin aux alentours… c’est la fête de la vendange et juste 3 ou 4 stands proposent une dégustation. Etonnant ! On passe l’aprem dans la piscine de l’hôtel qui a annulé notre réservation, une façon de se faire pardonner. 20H, on démarre tranquillement la soirée, Nico nous rejoint, il vient de Bariloche en avion, son sac à dos n’a pas suivi. Les bouteilles défilent, bières, vin, les sujets sont sérieux -ou pas, la connerie monte, on part en ville, mojito, bière, défilé WC, séance photos taxi, discothèca, world music de merde, 300 personnes pour une piste de 3000, cuba libre, Queen, boîte gay, electro plein pot, sexy spectacle, vodka tang, 2ème spectacle –Cabronito y el Tobillo, 6H, fermeture, after ou pas ??! 6H30, game over pour Gil, Stef et moi. 9H hangover pour Nico et Cabronito.

7/03 : 10H, il faut libérer l’appart…………………………… 5 cadavres se présentent pour le petit déj, pas un plus beau que l’autre ! on parle de la soirée, j’ai des trous de mémoire… On a prévu de se poser 2 jours dans une cabaña à 20km du centre, au milieu des oliviers, piscine, barbec. On prend le soleil, on fait la sieste sauf Nico et Gil qui piaillent en tombant des bières… ça fait du bien d’être calme.

8/03 : dernière journée pour les muchachos, à ne rien faire et à profiter du cadre et de la piscine. Gil, Nico et moi partons en fin d’aprem pour une petite dégustation de vin dans les bodegas voisines. Le soleil se couche, les sacs se referment, les discussions sont moins animées, ça sent bien la fin. Titi et Stef partent se coucher à 22H, je ne tarde pas à siuvre tandis que Gil et Nico finissent ce qu’il reste à boire.

9/03 : sale nuit, entrecoupée, réveillée par un chat qui se faisait courser, 2H pour me rendormir, Gil qui vient récupérer ses affaires. Plus un bruit. 7H45, temps maussade, je me lève, le mot est posé sur la table, ils ont filé sans nous réveiller, je comprends parfaitement, j’aurais fait pareil. Et puis ils reviennent, l’air dépité ! Ils sont restés une ½ heure devant le portail pensant que le proprio se pointerait à 8H pour ouvrir. La clé du portail est en fait avec la clé de la cabaña. Bécots et ils filent. On reste quelques heures en plus, espérant que le soleil pointera son nez, les nuages ne bougent pas, on plie bagages, direction Mendoza. A l’hôtel, on fait la connaissance de Manu, parisien en vacances très zen. Nico passera la soirée avec lui jusqu’à l’aube ! j’ai pour ma part envie de repos.

10/03 : journée lézard au bord de la piscine. On est invité à pique-niquer dans un parc pour le dîner. Rebelote pour Nico et Manu qui rentrent à 7H, Manu devant faire du rafting juste après !

11/03 : on change d’hostel. Obligés de libérer la chambre à 10H, Nico est encore en pleine forme suite à sa soirée… grand moment !  Du coup, on traîne : lui à la piscine pour choper un coup de soleil et moi au terminal de bus pour caler une balade demain ainsi que ma prochaine destination. Aprem piscine suivi d’une balade dans un parc immense.

Pas question de faire les dingues ce soir, on part sur la route des Andes demain et il faut se lever à 5H. A l’hostel en train de siroter une bière bien fraîche, nous faisons la connaissance de Sophie, hollandaise en vacances pour 6 mois et d’Ana, danoise qui vient étudier à BA pendant 3 mois et qui veut se joindre à nous demain.

Ruta de los Andes

12/03 : la journée va être assez longue, 8H de bus aller-retour mais le détour en vaut la peine. Nico et Ana dorment pendant tout le trajet, je profite pour ma part du lever de soleil sur les montagnes et du paysage qu’offre cette route le long du rio Mendoza : successions de montagnes, mini canyon, roche couleur rouge, ocre, ardoise, ambre, sable. On arrive enfin à Puente del Inca, un pont de sel formé naturellement, devenu sacré sous l’ère inca. On marche ensuite jusqu’à un parc provincial afin de contempler le mont Aconcagua, point culminant du pays mais aussi des 2 Amériques avec ses 6962 mètres. Il est possible pour quiconque en bonnes conditions physiques de le grimper, cela nécessite tout de même 20 jours.

Enfin, on finit par aller à la frontière chilienne par la piste qui était empruntée avant la construction d’une route en 1978. Ici, à 4000m, a été édifiée en 1904 une énorme statue, le Christ Rédempteur, symbolisant la résolution pacifique entre le Chili et l’Argentine. Il souffle un vent glacial à décorner des bœufs, le lieu est insolite, la vue sur les Andes est splendide mais nos os tremblants nous ramènent vite à la raison, on redescend sans tarder pour prendre le bus.

Barbecue à l’hostel, la viande est divine, on fait la connaissance de Sebastien, en bike trip pour un an. Le vin coule à flot, la gaieté pointe son nez, nous partons dans un bar où le DJ passe LCD Soundsystem à notre arrivée. Je ne décollerai pas de la piste pendant 2 bonnes heures ! Ils décident de continuer en discothèque, je vais profiter de l’occasion pour aller me coucher, rassasié par cette journée particulièrement remplie.

Finalement, je suis resté une semaine dans cette ville où on se laisse très vite séduire certes par sa tranquillité mais aussi par sa vie nocturne qui peut très vite vous vider un compte en banque !

13/03 : Adios Nico, si on ne se revoit pas au Brésil, ce sera alors à Clermont ou à Lausanne. Journée bus pour arriver en fin d’aprem à San Augustin de la Valle Fertile, petite ville proche du parc national d’Ischigualasto que je vais visiter demain.

San Auguston - Ischigualasto NP

14/03 : bon, j’en avais pas parlé après le Fitz Roy mais comme ça s’est reproduit après la marche sur la route des Andes, je crois qu’il faut définitivement que j’exclus toute rando sur chemin, ma cheville gonfle systématiquement, la douleur reste 3 ou 4 jours et forcément ça ne va pas dans le sens d’un bonne rééducation… il faut juste que je m’y tienne et que je trouve d’autres activités genre bike. Bref, on verra. Départ 7H30, 13 personnes dans un camionnette donc très serrés. Ça tombe bien, il fait 45° à l’ombre ! Du coup, la visite du parc est un peu moins plaisante, entre les sorties toutes les 20 min pour admirer le paysage et écouter les commentaires en plein soleil et les trajets collés les uns contre les autres, tout transpirants… malgré tout, la visite vaut le détour et apporte bien des réponses sur l’ère triasique (grosso merdo -250 millions d’années). Je ne vais donc pas vous donner les explications de ce que l’on voit sur les photos ou décrire les différentes roches et fossiles que j’ai pu observer. C’était bien mais c’est le dernier tour que je fais, enfermé dans un bus. Aprem piscine au camping municipal, puis dans l’attente de mon bus qui part à 3H, discussion à l’hostel avec un couple français, Mateo et Melo, en voyage pour 4 mois que je serai peut-être amené à recroiser.

15/03 : je n’ai aucun mal à dormir pendant les 4H de trajet dans le bus. A La Rioja, j’en prends un autre pour Tucuman puis encore un pour Tafi del Valle. Ce dernier trajet me renvoie étonnamment en Auvergne, d’abord avec une montée en pleine forêt tout en virages et épingles dignes du circuit de Charade puis une arrivée dans une verte vallée entourée de monts type Cantal. Ce lieu me plaît beaucoup. Une fois trouvé où dormir et quoi faire demain, je m’écroule dans mon lit à 20H30, complètement épuisé.

Tafi de valle

16/03 : 12H de sommeil, bien longtemps que ça ne m’était pas arrivé… c’est parti pour une boucle en VTT de 30km. Chemin faisant pour louer le vélo, je rencontre Fabio, brésilien aperçu l’avant-veille à l’hostel de San Augustin. Il ne sait pas quoi faire et décide de se joindre à moi. 2H à piailler tout en pédalant puis 1H à lutter contre un vent contraire violent qui même en descente nous oblige à pédaler… décidemment je hais le vent ! au passage, on a visité un cimetière à l’écart de la ville, tout en couleur, au pied des collines. déj copieux de pâtes puis balade de 3H à cheval. Ma dernière expérience hippique ne m’avait pas laissé un agréable souvenir, je dois reconnaître que celle-là m’a particulièrement plu et incité à renouvelé les occasions ici ou en France. Les paysages étaient les mêmes qu’en matinée. Tout le plaisir a en fait reposé sur la sensation de cette force animale, sur la complicité et la confiance que l’on doit développer pour le laisser pleinement s’exprimer tout en gardant un total contrôle. Oui, ça m’a vraiment plu ! Et dès qu’on avait de l’espace pour trotter… Hue cadichon !! Super journée. Juste l’envie après 3H de bike et de cheval, de mettre mon cul dans de la glace pendant une bonne heure. On prend le bus pour Amaicha del Valle d’où l’on ira visiter le site de Quilmes. Il est 23H, je suis lessivé mais j’adore cette fatigue.

ruines de Quilmes

17/03 : on trouve un remis pour nous amener aux ruines de Quilmes, nous attendre 1H30 le temps de visiter puis nous déposer à Cafayate. Le prix est le même qui si nous avions payé pour un tour et ensuite pris le bus. Quilmes représente une des villes de la population pré-hispanique en Argentine dans laquelle environ 5000 personnes vécurent entre l’an 800 et 1600.

Cafayate

Arrivés à Cafayate, nous ne perdons pas de temps pour nous imprégner de la culture locale : Cabrito a la parilla au dej et visite des bodegas ensuite. Je m’occupe ensuite de caler la journée VTT de demain que nous démarrerons très tôt.

Quebrada de las conchas

18/03 : bonne fête brother ! lever 5H pour un mini déj et pour récupérer les vélos. 1H de bus pour arriver à 7H à la Gargantua del diablo, à 48km de Cafayate. De là, nous allons revenir tranquillement vers la ville par la Quebrada de las conchas, en plein cœur de ce ravin qui offre de somptueux paysages et une palette de couleurs très chaudes. 5H pour arriver au bout, en peinant quelque peu les 10 derniers kilomètres. Fabio qui s’était couché à 2H a craqué plus d’une fois, descendant du vélo pour le pousser. Nous sommes exténués mais ravis du parcours. A 16H, on se quitte, il prend le bus pour Salta. Je fais une sieste rapide, dégustation en fin d’aprem et session internet pour rattraper le retard.

Vallées calchaquies

Angastaco

19/03 : je lézarde la matinée dans Cafayate, le bus part à midi. Je fais la route avec Yannick, toulousain en vadrouille pour un an et Valérie, canadienne en vacances pour 3 mois. Nous partons pour Angastaco dans ce qu’ils appellent les vallées calchaquies, nom des indiens qui vivaient ici et opposèrent la résistance la plus importante aux Espagnols. Nous faisons d’abord un trajet en bus jusqu’à Angastaco, village paisible où le temps semble s’être arrêté.

Il nous faut maintenant trouver un « remis », taxi local pour nous amener jusqu’à Molinos. A 16H, nous sommes à bord d’un pick-up, il faut qu’une personne passe à l’arrière avec les sacs, je me propose en supposant que je vais en prendre plein les yeux. Et en effet, je ne me suis pas trompé, je prends de la poussière certes mais les paysages sont assourdissants, on retrouve d’une part ses collines minérales déchiquetées et de toutes les couleurs mais aussi des herbes hautes, de la luzerne et des arbres longeant le rio Calchaqui dans la vallée. Le contraste est bouleversant.

Molinos

Après 1H de trajet, nous voilà enfin à Molinos, village installé au milieu de toutes les cultures dans une plaine. Certaines rues –très larges- sont dallées, longées d’arbres pour offrir un peu d’ombre aux chiens qui attendent tranquillement qu’il se passe quelque chose. Le silence règne, juste le bruit du vent soufflant sur les feuilles et le cri des gamins dans la cour de l’école. Les maisons sont toutes peintes en blanc et l’on peut voir à travers les ouvertures de certaines qu’elles sont en fait vides, sans toit. L’église est en bord de village, gardienne de cette tranquillité, la cloche sonnant à 19H sous l’impulsion des gamins se pendant à la corde. La place ressemble à toutes ces places argentines : carré ou rectangulaire à 8 entrées, recouverte de gazon et plantée d’arbres, une fontaine en son centre, avec en prime une aire de jeux pour les gosses. Je dois être dans le seul village au monde juste peuplé d’enfants ! J’adore cette ville mais je ne suis que de passage, reprenant un bus demain matin pour Cachi. Je reste seul à l’hospedaje pour écrire, Valérie et Yannick partent au resto, je les rejoindrai plus tard.

Cachi

20/03 : on doit normalement prendre un bus à 6H45 mais une personne qui va à Cachi nous propose de nous amener et nous dépose directement dans l’hospedaje tenu par sa mère. Après un petit déj en terrasse, on part en balade à vélo, un circuit de 30 km au nord de la ville, au milieu des plantations de piments et d’oignons, des cactus, des peupliers et autres variétés de sole pleureur. Nous déjeunons en bord de rivière et dégustons un excellent queso de cabra que nous offre une famille pique-niquant. On souhaiterait visiter un site archéologique qui nécessite encore 1H de trajet en montée mais le manque de courage sous cette chaleur accablante nous fait rebrousser chemin. En soirée, on déguste un vin produit à Colomé dont tout le monde nous a parlé, il s’agit d’un domaine splendide racheté par le propriétaire de Nestlé qui en a aussi fait un hôtel de luxe. Ouais, pas mauvais…

21/03 : matinée à errer dans Cachi dans l’attente du taxi qui nous récupère à 14H30. Le trajet jusqu’à Salta est encore de toute beauté ; au col de Piedra del Molino, on passe d’un paysage aride, déchiqueté à de vertes montagnes sur une route vertigineuse qui descend en lacets.

Salta

22/03 : visite de la ville en matinée, quelques bâtiments et églises valent le détour, les rues du quartier Balcarce, réputé pour ses festivités folkloriques en soirée sont vides, la population indigène est beaucoup plus présente que dans le sud. Je prends un bus dans l’aprem pour Jujuy et cherche à peine arrivé, un vélo à louer pour parcourir dès demain la route longeant la quebrada de Humahuaca. Objectif : 125 km en 3 jours. Ça commence mal, il n’existe pas de loueur de vélos dans cette ville de plus de 200 000 habitants… c’est une française bossant dans l’hostel où je fais halte qui trouve un ami acceptant de me louer son vélo. Par contre, ce sera sans kit de dépannage. A priori pas vraiment nécessaire puisque ce n’est que de l’asphalte. A priori…

Quebrada de Humahuaca

23/03 : lever 5H pour arriver en bus à Humahuaca à 8H. Alors qu’il pleuvait à Jujuy, il fait ici à 3000m un grand beau temps et légèrement froid. C’est parti pour 42km afin de rejoindre Tilcara. Le paysage est similaire à celui de la quebrada de las conchas, la vallée étant là beaucoup plus étendue. J’arrive à Tilcara 2H plus tard, sans avoir vraiment forcé, il n’y avait quasiment que des descentes. A ce rythme, je décide de pousser jusqu’à Purmamarca à 23 km plus bas, je prends d’abord le temps de visiter le village ainsi que son site archéologique, je pique-nique et fais une sieste sur la place. A 14H, je reprends la route. Je retrouve mon pire ennemi : le vent. Soufflant contre moi, il m’oblige à fortement pédaler dans les descentes. Ce trajet va me paraître interminable… je fais une pause après 15km et 1H30 à pédaler sans relâche. Je repars, le pneu avant se dégonfle, j’ai crevé. Super, le comble ! Il reste 7km et bien que tendant le pouce vers le haut, je les parcourrai à pied. J’arrive totalement exténué et très agacé dans ce petit village de 500 âmes aux maisons construites en pisés et bois de cactus. Je trouve tant bien que mal un habitant qui aura la gentillesse de me vendre sa chambre à air afin que je puisse continuer demain. A l’hostel où je dors, je fais la connaissance de Cuchi et Marilou, 2 argentines en vacances avec qui je boirai quelques bières. Au moment de passer sous la douche, je m’aperçois que je suis couvert d’énormes piqûres qui correspondent à des puces… J’adore cette journée !

24/03 : nous partons marcher autour de la montagne aux 7 couleurs qui se trouve au pied du village. Je prends mon temps alors qu’il me reste 60km pour atteindre Jujuy, je pars à 10H. A 11H, je suis dans le bus, le vélo dans la soute. J’aurai fait 13km avant que le vent ne finisse par me faire craquer. Au final, je ne suis pas mécontent de cette décision car je m’aperçois qu’après une quinzaine de kilomètres, le paysage n’a plus vraiment le même intérêt, redevenant vert et vallonné. De retour à Salta, les rues sont désertes, c’est le jour de commémoration des disparus. Je vais écrire tranquillement dans un hostel, animé pour la soirée par un groupe folklorique.

25/03 : il pleut, il est grand temps que je parte d’ici et que je me rapproche des plages ! j’en profite pour mettre le site à jour et ajouter des vidéos que je n’avais précédemment pas téléchargé. A 18H, je prends un bus pour Corrientes au nord-ouest puis j’enchaînerai aussitôt pour Posadas où je resterai 1 ou 2 jours pour visiter les missions jésuites.

San Ignacio

26/03 : grosse journée de merde… 17H de bus au total, hostels complets ou laissant à désirer à Posadas, je continue vers San Ignacio où se situe la mission jésuite la mieux conservée. J’ai finalement bien fait car je comptais y aller de Posadas en vélo et je viens de m’apercevoir que la route aurait été très dangereuse. Pas grave, on m’apprend qu’il y a plein de sentiers et un parc provincial à visiter. Il fait une chaleur terrible, je sue non-stop, le relief a complètement changé : palmiers, arbres tropicaux, de la végétation partout. Je trouve une hospedaje, juste à côté des ruines. Je suis seul, tant mieux, j’ai besoin de repos. Avant que la nuit ne tombe, je pars visiter la mission. Je risque de ne pas être très objectif : un tas de pierre ! Pour un athé, cela manque tout simplement d’intérêt.

27/03 : journée très spéciale. Plus j’y pense et plus je me dis qu’il y forcément des signes à retenir. Levé à 8H, je pars pour une balade en vélo. Après une 1/2H, je rebrousse chemin, le levier de vitesse du grand plateau est cassé. OK, je change de loueur et repars en direction du parc provincial, situé en bord du rio Parana. Petite balade de 10km, en pleine selva, jusqu’au parc. De là, j’accède à pied à 3 miradors puis je descends en bord du rio dont l’eau est ocre. J’aperçois alors une forme flottée, j’ai une triste idée de ce que cela peut représenter et j’espère me tromper ; la forme filant avec le courant mais se rapprochant de la berge, je suis maintenant quasi sûr de moi. Je préviens un employé du parc qui se trouve à 200m, coupant des arbres et disposant d’une barque. Il me propose de venir avec lui pour vérifier. Aucun doute, il s’agit bien d’un corps de femme. Il me ramène, je remonte prévenir les gardes puis je retourne au village, un peu perturbé. Sur le chemin, je fais un bond de 30 ans en arrière en apercevant un énorme papillon bleu qui me fascinait quand je le voyais sous cadre, accroché sur un mur chez mes grands-parents, étant persuadé que ça ne pouvait pas exister. Je croise aussi une mygale puis je manque de peu de rouler sur un serpent alors que j’étais en train de tripoter les vitesses, inattentif…

En passant devant la gendarmerie, on me demande de suivre un officier, je ne comprends pas tout ce qu’il me dit, il parle de marijuana et de drogue ! J’imagine qu’ils veulent juste contrôler mon sac. J’arrive sous un préau où il y a une dizaine de personnes sur la gauche assis le long d’un muré, un homme derrière une table et 5 chaises devant lui. Je demande si c’est un exercice pour les jeunes recrus, pas de réponse. Lorsqu’on me présente à cet homme et qu’il constate que je suis français, il fait savoir à l’officier qui m’a interpellé dans la rue que cela ne peut pas être possible. Alors qu’ils continuent à discuter, je me retourne et aperçois 2 hommes menottés et escortés. Je finis enfin par comprendre qu’il cherchait un « testigo », témoin civil pour le procès de ces 2 narcotrafiquants…………. Bon. Et bien je crois que je vais vite partir de ce bled et très vite oublier cette journée de dingue ! Quand j’explique mon histoire au loueur, il n’est pas surpris et me dit que son frère qui pêche régulièrement a aussi retrouvé un corps, c’est la façon d’opérer de la mafia paraguayenne, le Paraguay se trouvant de l’autre côté du fleuve. OK, merci du tuyau. Je file illico à Puerto Iguazu !

 A l’hostel, je fais la connaissance de Mary et Filou, en trip depuis 9 mois qui finissent l’Amérique du sud par l’Argentine pour ensuite visiter le Maroc, la Mauritanie et le Portugal.

Chutes d'Iguazu

28/03 : départ à 10H. J’avais oublié que l’on était dimanche, c’est blindé de monde… sur les chemins qui accèdent aux chutes, on peut observer une multitude de papillons et des coatis, sorte de petit rongeur. Enfin, je les aperçois. C’est stupéfiant. Le nombre de chutes, la hauteur de celles-ci et l’incroyable débit créent une épaisse brise rafraîchissante. Je passe 3H à arpenter tous les sentiers possibles et finis par la Gorge du Diable, chute circulaire de 80m où je me fais entièrement asperger. Soirée à l’hostel entre français, dernier asado et dernier vin argentin, demain je file au Brésil.

29/03 : journée piscine en attendant la fin d’aprem pour prendre mon bus de nuit.

récap vidéo